Supprimées elles sont, non mais sans blague.
Ce fait hautement scientifique mérite citation dans ce blog tout aussi scientifique : les hommes sont aussi bavards que les femmes, étude in vivo à l’appui. Publiés dans Science ( ?!) cette semaine, les auteurs ont utilisé un appareil nommé EAR pour « electronically activated recorder » (n’est-ce point finaud comme appellation ?), qui permet d’estimer le nombre de mots prononcés dans une journée. Ceci chez des étudiants américains et mexicains. Et ben les femmes prononcent en moyenne 16 215 (SD = 7301) mots, et les hommes 15669 (SD = 8633). Bref kif kif. La fin d’un mythe. Faut que j’appelle tous mes amis et ies pour les informer. Ben quoi, vous feriez pareil, non ?
Matthias R et al. Are Women Really More Talkative Than Men? Science 2007. 317; 82.
PS: Quel titre! Mon billet je veux dire, pas l'article sus-cité.
Décidément, vous allez finir par penser que je suis accro…Mais c’est même pas vrai d’abord. Ce sont des résultats intéressants au niveau thérapeutique, c’est tout.
Parlons donc encore du cannabis, et de ses vertus. Les auteurs de l’article paru dans Science (1), ont observé « par hasard », que des souris KO pour les deux types de récepteurs au cannabis, avaient plus de lésions de grattage autour des trucs d’identification en nickel placés dans leurs oreilles, comme la vache qui rit, un peu (KO signifie qu’elles n’expriment pas ces récepteurs).
Ils se sont donc sérieusement penchés sur la question. Leur hypothèse de départ était que ces petites bêtes souffraient d’allergies de contact : si vous avez dans votre entourage des personnes ne pouvant porter des bijoux en toc, vous savez de quoi je parle. Au passage, c’est un TRES bon argument pour se faire offrir des breloques en or ou argent massifs exclusivement…
Mais revenons à nos moutons. Ils ont donc fait tout plein des tests avec des substances diminuant ou augmentant l’activation de ces récepteurs. Ils ont également recherché les signes de réaction inflammatoire et immunitaire cutanées.
Et à l’issue de tout ce boulot, ils sont arrivés à la conclusion que d’une part, les lésions observées plus fréquemment chez les souris KO sus-citées étaient bien dues à des phénomènes allergiques, et que d’autre part, les cannabinoïdes (oui, pas la fumette) avaient un effet inhibiteur sur ces phénomènes.
Quand on sait que 5% des hommes et 11% des femmes de nos pays industrialisés présentent ce type de pathologie, on ne peut que se réjouir de ces trouvailles. Y’a plus qu’à passer à l’étape suivante : des médocs !
(1) Attenuation of Allergic Contact Dermatitis Through the Endocannabinoid System. Karsak M et al. 2007. Science 316 (1494 -1497).
Ouh la la ! A ce stade, ce n’est plus une pause, c’est une hibernation, une mise en jachère, un presque abandon. Bref, ce blog a été silencieux bien longtemps.
Et alors que je voulais y remédier efficacement aujourd’hui, des forces surnaturelles se sont liguées contre moi (Non je ne suis pas paranoïaque. Et ne me regardez pas comme ça: je vois bien que vous m’en voulez. Et ça ne va pas s’arranger avec la suite, si ça se trouve…). Ces forces, donc, ont manifesté leur hostilité en faisant bugger mon accès à Science. Or l’article qui m’avais alléchée est précisément dedans (1). C’est bien une preuve qu’elles m’ont choisie comme cible, ces forces malfaisantes.
J’ai quand même pu lire l’abstract, c’est déjà ça. Le point de départ est que le tetra-hydro cannabinol (ça en jette, hein), bref le cannabis, la marijuana, le shit, donc consommé pendant la grossesse, a des conséquences cognitives pas sympa pour le fœtus. Jusque là, on ne savait pas pourquoi précisément.
Eh bé les auteurs ont étudié les endocannabinoïdes, substances synthétisées et libérées normalement dans le cerveau. Parce que oui, pas besoin d’en fumer, on en fabrique ! Quand je vous dit que notre formidable cerveau a tout prévu pour notre plaisir : endorphines, cannabis…
Bref, ils ont chercher à savoir 1) s’ils jouaient un rôle dans la maturation cérébrale au cours de la gestation, et 2) si oui lequel.
1) Oui. Vous aviez deviné.
2) Et lequel ? Il semble bien qu’ils sont des acteurs essentiels pour :
-la formation des synapses impliquant les interneurones (neurones intercalés entre deux neurones, c’eeeeeeeeest ça !) GABAergiques (encore le GABA !)
-la pousse des axones, c’est-à-dire du prolongement neuronal (bah oui, on parle de pousse axonale, c’est comme ça).
Tout est bien organisé, et bien dosé. Mais un apport de cannabinoïde exogène perturbe ce système, et donc le développement.
Et en plus, le shit, c’est pas bon pour la mémoire. Na. Mais je ne m’étendrai pas. Et oui je suis une vieille réac’.
(1) Berghuis P, Rajnicek AM, Morozov YM et al. Hardwiring the brain: endocannabinoids shape neuronal connectivity. Science. 2007. 316(5828):1212-6.