Lundi 26 novembre 2007
Juste pour dire que je n'avais pas donné quelqu'accord que ce soit pour les publicités sur le blog. J'imagine qu'elles étaient là depuis un moment...
Supprimées elles sont, non mais sans blague.
par seven publié dans : Divagations diverses
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Dimanche 25 novembre 2007
En cette période pré- Noellesque (oui, ce mot existe, parfaitement), il est pertinent de s’interroger sur ce qui motive les généreux  donateurs. De toutes façons, comme c’est moi qui decide, je trouve que c’est pertinent.
J’ai donc déniché un sympathique article dans Science, intitulé  Neural responses to taxation and voluntary giving reveal motives for charitable donations. (Harbaugh WT, Mayr U, Burghart DR. Science. 2007. 316; 1622-5).
Il s’agit d’une jolie étude d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, réalisée chez des femmes uniquement. Parce que les femmes sont plus sensibles  à l'importance des dons: prendre des sujets des deux sexes aurait donc introduit un biais. Finalement, elle s’inscrit dans le cadre de l’exploration du “système dé récompense”.

La manip’ était la suivante:
Des transferts de sous étaient réalisés sur les comptes d’une association caritative (banque alimentaire):
    -soit sous forme de taxe “obligatoire”
    -soit sous forme de don, volontaire.
Dans les deux cas, le montant versé à l’association et celui débité au sujet étaient precisés. En effet, tout n’était pas forcément versé à l’association: par exemple le débit du sujet pouvait être de 30 $, mais. Le crédit de l’assoc’ de 15 $ seulement. Par ailleurs, des récompenses pouvaient être versées sur les comptes du sujet ou de l’association.
Pour la situation “taxe”, le sujet n’avait pas le choix, bien sûr. Pour le don, le sujet pouvait accepter ou refuser.

Je vous passe quelques fastidieux détails pour aller à l’essentiel (comme d’hab. Cependant, ne me remerciez pas: j’ai eu 4 mois pour le préparer, cet article...).

1)    Les mêmes structures du système de récompense sont activées lors de taxes enrichissant le sujet ou l’association: donc que la récompense soit “individuelle” ou pour le “bien public”. Et les mêmes structures aussi, qu’il s’agisse d’un don (assujetti à un choix) ou d’une taxe en faveur de l’assoc’.

2)    Le taux de satisfaction après le transfert de fond est supérieur s’il s’agit d’un don (par rapport à une taxe).

3)    L’activation différentielle entre “gain pur pour le sujet” et “gain pur pour l’association” permet de prédire la générosité du sujet: ceux dont l’activation est plus large lorsqu’ils reçoivent de l’argent (les égoîstes), que lorsque l’assoc’ en reçoit, donnent DEUX FOIS MOINS SOUVENT que les autres (les altruistes).

Si on résume, on peut comprendre pourquoi les gens donnent de l’argent: ça fait le même effet que lorsqu’ils en reçoivent!

Ensuite, l’altruisme pourrait bien exister pour de vrai, puisquel le système de récompense est activé même lorsque c’est une taxe: de savoir que leurs sous vont augmenter les biens publiques est une source de satisfaction pour les sujets!

En plus, la satisfaction est plus grande lorsque c’est une don: moralité, faut supprimer les impôts...Sauf que, pour tous vous dire, la somme totale allouer à l’assoc’ dans la condition “don” est inférieure à celle dans la condition “taxe”.

Et en faisant passer le test à tout le monde, on pourrait identifier les radins...

Les auteurs, qui sont des petits rigolos, terminent en se demandant si ceux qui votent les taxes allant aux biens publiques se font plaisir aussi...

Plus sérieusement, la question sous-jacente est de savoir si on gagnerait à encourager les dons, plutôt qu’à taxer la population. Il semble difficile de trancher, ne serait-ce que parce que la générosité diffère d’un individu à l’autre. (Ce ne serait pas juste notamment que des généreux pauvres contribuent à l’aide sociale alors que de riches gripsous ne le fassent pas). Mais là, on rentre dans la neuro-économie, et c’est le domaine de nos voisins éconoclastes.

Je ne suis pas sûre que tous soit bien clair. Il est possible que je modifie ce billet, mais mon niveau de culpabilité face à ma désertion prolongée est tel qu’il me faut le poster en urgence...

par seven publié dans : Physio Neuro
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Samedi 7 juillet 2007

Ce fait hautement scientifique mérite citation dans ce blog tout aussi scientifique : les hommes sont aussi bavards que les femmes, étude in vivo à l’appui. Publiés dans Science ( ?!) cette semaine, les auteurs ont utilisé un appareil nommé EAR  pour « electronically activated recorder » (n’est-ce point finaud comme appellation ?), qui permet d’estimer le nombre de mots prononcés dans une journée. Ceci chez des étudiants américains et mexicains. Et ben les femmes prononcent en moyenne 16 215 (SD = 7301) mots, et les hommes 15669 (SD = 8633). Bref kif kif. La fin d’un mythe. Faut que j’appelle tous mes amis et ies pour les informer. Ben quoi, vous feriez pareil, non ?

 

Matthias R et al. Are Women Really More Talkative Than Men? Science 2007. 317;  82.

PS: Quel titre! Mon billet je veux dire, pas l'article sus-cité.

par seven publié dans : Divagations diverses
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Mardi 26 juin 2007

Décidément, vous allez finir par penser que je suis accro…Mais c’est même pas vrai d’abord. Ce sont des résultats intéressants au niveau thérapeutique, c’est tout.

Parlons donc encore du cannabis, et de ses vertus. Les auteurs de l’article paru dans Science (1), ont observé « par hasard », que des souris KO pour les deux types de récepteurs au cannabis, avaient plus de lésions de grattage autour des trucs d’identification en nickel placés dans leurs oreilles, comme la vache qui rit, un peu (KO signifie qu’elles n’expriment pas ces récepteurs).   

Ils se sont donc sérieusement penchés sur la question. Leur hypothèse de départ était que ces petites bêtes souffraient d’allergies de contact : si vous avez dans votre entourage des personnes ne pouvant porter des bijoux en toc, vous savez de quoi je parle. Au passage, c’est un TRES bon argument pour se faire offrir des breloques en or ou argent massifs exclusivement…

Mais revenons à nos moutons. Ils ont donc fait tout plein des tests avec des substances diminuant ou augmentant l’activation de ces récepteurs. Ils ont également recherché les signes de réaction inflammatoire et immunitaire cutanées.

Et à l’issue de tout ce boulot, ils sont arrivés à la conclusion que d’une part, les lésions observées plus fréquemment chez les souris KO sus-citées étaient bien dues à des phénomènes allergiques, et que d’autre part, les cannabinoïdes (oui, pas la fumette) avaient un effet inhibiteur sur ces phénomènes.

Quand on sait que 5% des hommes et 11% des femmes de nos pays industrialisés présentent ce type de pathologie, on ne peut que se réjouir de ces trouvailles. Y’a plus qu’à passer à l’étape suivante : des médocs !

 

(1) Attenuation of Allergic Contact Dermatitis Through the Endocannabinoid System. Karsak M et al. 2007. Science 316 (1494 -1497).

 

 

par seven publié dans : Divagations diverses
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Dimanche 27 mai 2007

Ouh la la ! A ce stade, ce n’est plus une pause, c’est une hibernation, une mise en jachère, un presque abandon. Bref, ce blog a été silencieux bien longtemps.

Et alors que je voulais y remédier efficacement aujourd’hui, des forces surnaturelles se sont liguées contre moi (Non je ne suis pas paranoïaque. Et ne me regardez pas comme ça: je vois bien que vous m’en voulez. Et ça ne va pas s’arranger avec la suite, si ça se trouve…). Ces forces, donc, ont manifesté leur hostilité en faisant bugger mon accès à Science. Or l’article qui m’avais alléchée est précisément dedans (1). C’est bien une preuve qu’elles m’ont choisie comme cible, ces forces malfaisantes.

J’ai quand même pu lire l’abstract, c’est déjà ça. Le point de départ est que le tetra-hydro cannabinol (ça en jette, hein), bref le cannabis, la marijuana, le shit, donc consommé pendant la grossesse, a des conséquences cognitives pas sympa pour le fœtus. Jusque là, on ne savait pas pourquoi précisément.

Eh bé les auteurs ont étudié les endocannabinoïdes, substances synthétisées et libérées normalement dans le cerveau. Parce que oui, pas besoin d’en fumer, on en fabrique ! Quand je vous dit que notre formidable cerveau a tout prévu pour notre plaisir : endorphines, cannabis…

Bref, ils ont chercher à savoir 1) s’ils jouaient un rôle dans la maturation cérébrale au cours de la gestation, et 2) si oui lequel.

            1) Oui. Vous aviez deviné.

            2) Et lequel ? Il semble bien qu’ils sont des acteurs essentiels pour :

                         -la formation des synapses impliquant les interneurones (neurones intercalés entre deux neurones, c’eeeeeeeeest ça !) GABAergiques (encore le GABA !)

                        -la pousse des axones, c’est-à-dire du prolongement neuronal (bah oui, on parle de pousse axonale, c’est comme ça).

Tout est bien organisé, et bien dosé. Mais un apport de cannabinoïde exogène perturbe ce système, et donc le développement.

 

Et en plus, le shit,  c’est pas bon pour la mémoire. Na. Mais je ne m’étendrai pas. Et oui je suis une vieille réac’.

 

(1) Berghuis P, Rajnicek AM, Morozov YM et al. Hardwiring the brain: endocannabinoids shape neuronal connectivity. Science. 2007. 316(5828):1212-6.

par seven publié dans : GABA
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