Jeudi 18 janvier 2007 4 18 01 2007 00:28

J'ai évoqué dans mon précédent billet l'existence de photorécepteurs rétiniens. Pour situer, un oeil, ça peut être:

 

Mais c'est aussi:

Et c'est lui qui nous intéresse. Donnée de base: on distingue un système visuel PERCEPTIF et un système visuel PHOTOPIQUE. Et ce dernier traite donc l'information...lumineuse. Gagné (vous êtes trop forts). Chez l'homme il y 2 types (pas 3, cette fois ci j'ai bien compté, Timothée) de photorécepteurs: les cônes et les bâtonnets. Ceux-ci sont connectés à des cellules ganglionnaires, dont les axones forment le nerf optique. Avec d'autres cellules, mais un petit schéma valant mieux qu'un long discours:

 

Ce qui caractérise un photorécepteur, c'est son photopigment. Ce qui caractérise un photopigment, c'est la longueur d'onde de la lumière à laquelle il est sensible. Ce qui caractérise mon style, c'est sa lourdeur. Bon. Chez l'homme, on connaissait jusqu'à il y a peu 4 photopigments: 1 dans les bâtonnets: la rhodopsine, 3 dans les cônes bleu (S short), vert (M medium), rouge (L long). Et encore un joli schéma (ce que je m'amuse!). 

Et on était très contents. Mais voilà, des gens très intelligents ont eu l'idée de créer des souris sans cônes ni bâtonnets (très sympas, les gens). Chez la souris, l'organisation est similaire, avec 2 types de photopigments dans les cônes. Ils ont observé l'effet de la lumière sur l'entrainement des rythmes circadiens (relisez donc le billet précédent, ça fera monter mon blog rank). En théorie, l'effet devait être nul. Mais ça n'a pas été le cas! C'est ainsi qu'a été découvert un nouveau photorécepteur, la mélanopsine. Elle est située non pas dans les photorécepteurs mais dans les cellules ganglionnaires de la rétine, et sa longueur d'onde d'activation est 480 nm. Il n'y a pas d'autre photorécepteur a priori (les mutants sans cônes ni bâtonnets ni mélanopsine n'ont plus de réponse photopique).

 

Suite de l'histoire: les photopigments sont constitués d'une protéine, appelée opsine (qui détermine la longueur d'onde de prédilection) et d'une molécule de rétinal (dérivé de la Vitamine A: mangez de carottes!!!). Ce rétinal existe sous un forme cis, qui après stimulation par un photon lumineux passe en forme trans qui active une protéine G etc. Sa régénération en forme cis a lieu dans l'épithélium pigmentaire. Et bien la mélanopsine se distingue à nouveau: pour redevenir activable, il lui suffit de recevoir une longueur d'onde autour de 530 nm. Bien plus autonome la demoiselle! Ces caractéristiques font penser qu'il s'agit d'une forme archaïque de photopigment. Mais elle est loin d'avoir livré tous ses secrets...

Par seven - Publié dans : Physio Neuro
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