Le pouvoir a-t-il un genre?
Le Monde en parle.
C’est amusant, car j’ai discuté de ça récemment avec des proches. Vous me direz que le sujet est loin d’être original, surtout lors de la « Journée de la Femme ». Et vous aurez raison. Mais il faut bien introduire le billet d’une façon ou d’une autre, et c’est ainsi chose faite.
Force est de constater que le désir de pouvoir guide bien plus souvent les décideurs, que celui de tendre vers le « bien collectif ». En tous cas, dans mon entourage professionnel. Et il se trouve que notre héritage culturel, historique et tout et tout, a aboutit à un monde contrôlé par le « sexe pas faible ». (Tout est dit dans cette expression de sexe faible, d’ailleurs…)
Il me semble sincèrement, que ce goût du pouvoir ne soit pas aussi développé chez la gente féminine. Je vous arrête tout de suite : l’objection consistant à citer Mrs Thatcher ou ses acolytes anonymes ou pas (ah ah, quel jeu de mot !) pour dire que les Elles au pouvoir font comme les Ils, ne me convaincra pas du contraire : dans un monde d’hommes, les femmes qui s’imposaient étaient soit celles qui fonctionnaient comme eux « de base », soit celles qui acceptaient de jouer le jeu. Globalement, les femmes me semblent cependant plus préoccupées par la qualité de leurs prestations dans l’absolu. Ce qui n'est pas incompatible avec l'exercice d'une influence, ou d'un pouvoir; mais disons que ces derniers ne sont pas un but en soi.
La notion d’égalité homme-femme est incontestable. Par contre, celle de similarité totale me semble totalement erronée. Complémentarité, voilà le terme que je choisirais. Donc il faudrait à mon avis, pour optimiser (pas le terme mathématique, que je ne comprends pas bien, hein, celui du petit Robert) les travaux, favoriser l’expression de ces différences. J’espère donc que la parité, qui semble naturelle, puisque représentative de la population générale, permettra à terme de modérer ces velléités de domination parfois délétères. Même si, bien utilisées elle ont pu constituer un moteur puissant pour la réalisation de beaux projets. J’imagine volontiers que l’association des qualités masculines et féminines inhibera leurs travers respectifs.
La campagne présidentielle française actuelle semble le reflet d'une évolution des mentalités: il y a dix ans, je ne pense pas qu’une femme aurait été considérée comme une présidentiable sérieuse, en France. (Savoir si Ségolène Royal représente le modèle idéal n’est pas l’objet du billet).
Pour répondre à la question que j'avais posée à mon moi-même: le pouvoir n'a probablement pas de genre, mais il y a différents genres de pouvoir. (C'est pas mal, ça, je me le note dans un coin pour un dîner!).
Voici pour ma petite note personnelle à ce débat de société, qui, j'en conviens, pourrait s'étaler sur des pages et des pages et des pages et des livres et des livres...
Qu’en pensez-vous, filles et garçons?