Tu me donnes la main? (1)
J'aurais pu faire un commentaire chez Tom http://tomroud.blogspot.com/2007/01/talks_4906.html, mais ce sujet me tient trop à coeur pour que je n'entouche pas un mot sur ma page à moi. Du coup je m'autorise un petit billet, sortant du cadre "scientifico-scientifique" que je m'étais fixé. (Après tout, c'est qui qui commande ici!? (1)
Il était question de la collaboration multidisciplinaire en général, et Physique-Bio en particulier. A mon sens, les travaux de modélisation de phénomènes biologiques, s'ils n'ont pas de retombées immédiates expérimentales, constituent une approche complémentaire, différente et indispensable. En épileptologie par exemple (je ne peux pas m'en empêcher, faut que je case ce mot de temps en temps), des travaux cherchent à montrer que l'activation neuronale se fait de façon chaotique au sens physique du terme. En admettant qu'ils aient raison, ça ne guérira pas tous les patients, c'est certain. N'empêche que la bonne compréhension d'une pathologie est souvent indispensable à son traitement efficace. De façon plus générale, tout ce qui relève du traitement du signal (électro ou magnéto-encéphalographie par exemple) a été mis au point par des matheux et physiciens. De même pour toutes les techniques d'imagerie, du vieux microscope binoculaire au tout nouveau biphoton au niveau cellulaire, des rayons X à l'IRM à l'échelle macroscopique. Et ça, c'est du quotidien!
Il y a encore quelques (centaines) d'années, les plus grands savants étaient à la fois philosophe, mathématiciens, physiciens, biologistes... Et des découvertes fondamentales ont été réalisées. Comme actuellement le degré de spécialisation est tel qu'il devient difficile(2) (c'est un euphémisme) d'être multi-performant, il faut trouver un chemin détourné pour y parvenir. A mon avis, c'est celui de la collaboration directe, ou via des ouvrages et revues de vulgarisation multidisciplinaire, voire les blogs! (qui sait..?). Et j'ai des tonnes d'anecdotes pour soutenir cette thèse. Je vous épargnerai leur lecture, rassurez-vous. (D'autant plus que ça n'aurait pour conséquence que de vous faire quitter cette page. Vous vous en doutez, ce n'est pas mon souhait. Mais ce que je souhaite ne compte pas dans le choix de vos lectures, et c'est bien normal. D'accord, j'arrête.)
Et puis, ne serait-ce qu'intellectuellement égoïstement, narcissiquement, c'est très stimulant d'échanger avec un chercheur (c'est pas facile à lire, hein, "échanger avec un chercheur"?!)utilisant des outils différents pour étudier un même phénomène. En tous cas je trouve. Ca fait bouillonner les neurones, et parfois même, j'en suis sûre, sécréter des endorphines!
Et voilà en condensé ce que je pense. Et ce qui serai bien, c'est qu'on travaille comme ça: (c'est mimi, hein?)
(1) Il est cruche, ce titre, n'est-il pas? C'est fait d'exprès. (4)
(2) Formulation de la chefferie. (3) D'accord, impossible. (4) Je l'ai déjà écrit, sous une autre forme: ici, c'est moi le chef.